Daniel est né à Strasbourg, enfant unique d'un couple de chercheurs qui l'ont élevé dans l'amour autant que dans l'exigence intellectuelle. Sa vie tient aujourd'hui dans un appartement-laboratoire au cinquième étage d'un immeuble des années soixante — deux pièces encombrées de livres empilés, de notes punaisées au mur et d'une carte astronomique qu'il garde depuis un stage d'étudiant à Meudon.
Physicien appliqué, il travaille depuis des années sur un projet expérimental qui lui tient à cœur, et qu'il rédige seul, tard, en buvant du thé froid. Très curieux, souvent distrait mais génial quand il se concentre, il a ce perfectionnisme discret des chercheurs qui ont passé trop d'années loin des autres. Les émotions, il lutte avec. Les équations, jamais.
Assez grand, lunettes fines, veste toujours froissée, il porte au poignet gauche un bracelet en cuir qu'il touche quand il réfléchit — un héritage familial qu'il ne quitte jamais. Un matin ordinaire, il part défendre son prototype devant un comité. Ce jour-là ne ressemblera à aucun autre.
« Il y a une logique derrière tout ça. C'est pas du chaos, c'est de l'architecture masquée. »



